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 { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !

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Nicolas Dubois
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MessageSujet: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Dim 31 Aoû - 8:08

Aujourd'hui j'ai le blues. Lily m'a laissé m'occuper seul de sa boutique car elle devait aller chercher des fournitures. Je n'ai eu droit qu'à très peu de clients dans la journée, des habitués. Ça m'arrange vu qu'ils savent que je parle mal anglais et que du coup ils ont évité de me poser trop de questions. Ne la voyant pas rentrer alors qu'il était déjà sept heures et demie, j'ai donc fermé le petit commerce sans elle. Actuellement je suis seul dans le grand appartement, en train de cuisiner un petit plat mexicain tout chaud qu'elle appréciera j'espère à son retour. L'odeur des épices, les oignons qui font pleurer les yeux ... tout cet ensemble me rappelle que j'étais en train de préparer exactement le même plat lorsqu'un individu que je n'avais pas vu depuis des années est venu toquer à ma porte. Je me rappelle que ce jour là, il pleuvait tellement que le temps de sortir du métro et d'arriver chez moi, je m'étais retrouvé totalement trempé. Du coup, j'avais pris une douche et enfilé un bas de pyjama avec un t-shirt. Je ne m'attendais vraiment pas à avoir de la visite. Et pourtant, lui était venu. D'ailleurs je ne sais même pas comment il avait eu mon adresse. Sans doute par internet... Mais en tout cas, ça m'avait fait plaisir de le revoir, et de voir qu'il s'en était très bien sorti.



Je cuisinais mon petit plat mexicain quand j'entendis quelqu'un toquer à ma porte. Mon premier réflexe fut de penser que c'était un publicitaire. Pourquoi avait-il fallu que je choisisse de vivre dans l'un des seul immeuble de Paris sans interphone ?
"Je ne suis pas intéressé ! Allez plutôt chez mes voisins, je suis certain qu'ils vous achèteront quelque chose eux."
Mais les coups continuèrent. Franchement, si c'était un publicitaire, il était tenace. Exactement le genre de publicitaire que j'aime insulter... Donc je me suis décider à aller ouvrir la porte pour le traiter de pleins de jolis noms d'oiseaux. Après une longue journée à regarder au microscope des coupes de cerveau, je pense que j'ai le droit d'avoir la paix bon sang.
Pour donner un air plus théâtral à mon arrivé, j'ai ouvert d'un coup ma porte, ça en a fait sursauté plus d'un jusqu'à présent. Mais l'homme qui était là ne sursauta pas, et l'homme qui était là n'était pas un publicitaire... cet homme était une vieille connaissance.
"Toi ? Mais qu'est ce que tu fais là ? Mais qu'est ce que tu deviens ? Tout va bien ? Bon dieu que tu as pris du muscle ! Ça fait combien d'années ?"
C'est fou comme l'on peut être bavard quand on se retrouve face à une telle surprise. On perd véritablement nos moyens.
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Aguste M. Voulant
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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Dim 31 Aoû - 21:59


« Allez, Aguste ! Fais le, fais le pour moi ! Gus… s’il te plait… dis moi qu’on n’a pas fait tout ce chemin pour rien… Allez, Gus… »

Cela faisait quatre jours qu’elle était comme ça. Quatre p#tains de jours qu’elle ne cessait pas de me traîner, chaque soir, devant cet immeuble. Quatre jours à la c#n qu’elle me suppliait presque de passer cette porte et de frapper à une autre. Et immanquablement, je me préparais à rester immobile, bras croisés et regard noir, pour la quatrième fois. Non. Il n’était pas question que j’entre, il n’était pas question que je frappe, il n’était pas question que je parle. C’était son idée, après tout, pas la mienne, et je n’avais aucun devoir à remplir en exauçant son souhait. Non ? C’était son idée que de me faire revenir ici, sur les traces de ma fugue. Personnellement, je m’en serais bien passé. Oui, ce n’était pas nécessaire de me traîner dans Paris pour arriver devant cet appartement. Avoir revu Zouè avait été suffisamment compliqué pour que je m’arrête sur ma lancée. Je n’arrivais pas à comprendre l’acharnement que pouvait mettre Colombe pour remplir sa mission Faire-d’-Aguste-un-type-bien. Vraiment. Pour un peu, j’en aurais maudit ce stage inopiné à Paris, de trois semaines, pour apprendre des techniques de boxe française. Pour un peu, j’en aurai maudit cette semaine passée avec Colombe, venue spécialement pour moi en Europe. Pour un peu, j’en maudirais cette main qui se faufila dans la mienne, ce baiser qu’elle déposa sur mes lèvres et son soupir, timide, dans ma nuque. « Allez, Gus. Juste deux minutes. Deux petites minutes. S’il te plaît… » Forcément, elle m’arracha un nouveau soupir. Un soupir de reddition, d’ailleurs. Et devant ses yeux clairs, je cédai totalement. Certain que, de toute manière, il n’allait pas se souvenir de moi, nous entrâmes dans l’immeuble, escaladèrent les escaliers pour parvenir devant un palier qui me fit m’arrêter brutalement. Cela faisait quoi ? Neuf ? Dix ans ? Et j’avais bien changé depuis, en plus. J’avais grandi, mûri, pris du muscle et de l’assurance. Et surtout, je m’étais assagi au contact de Colombe, qui parvenait presque à tout me faire faire. Son obstination et sa gentillesse brisaient toutes mes décisions, quelles qu’elles fussent, quoique je fasse. C’en était presque triste. Dans un haussement d’épaule et un nouveau baiser volé pour me donner du courage, nous montâmes encore un étage, pour nous retrouver devant une porte, la main de Colombe toujours fermement ancrée dans la mienne. Je fermai les yeux. La Provence, ma famille, ma mère, ma fugue… j’avais mis tout ça de côté il y avait dix ans de cela, et ce n’était pas pour rien. Je n’avais vraiment pas envie de frapper à cette porte. Vraiment pas.

Ce fut donc pour celle qu’avant d’avoir pu émettre le moindre son, je vis une Colombe déterminée frapper avec véhémence à la porte de l’appartement, en me mettant au défi d’un regard de soulever la moindre objection. Une voix agacée résonna presque aussitôt, je la tirai en arrière, prenant l’invitation implicite de l’homme très au sérieux. Colombe se dégagea de ma poigne pour frapper à nouveau, insistante. « P#tain, mais il veut pas être dérangé, t’as entendu ! Allez chérie, on y v… » Un index accusateur se planta dans ma cage thoracique, précisément à ce point intercostal et névralgique que je lui avais appris à trouver. « C’est toi qui devrais écouter, Gus ! Tu es un trouillard, et je refuse de sortir avec un trouillard. Alors tu vas me faire le plaisir de rester là, et de démolir cette porte jusqu’à ce qu’on voit la tronche de ce mec qui t’a permis de me rencontrer, compris ? » Je la foudroyai du regard, prêt à rétorquer que ce n’était pas de la trouille, juste une profonde et violente absence d’envie de faire autre chose que d’aller dormir à l’hôtel. Ou presque. Elle fut sauvée par des bruits de pas, dans l’appartement, dans notre direction, et cette porte qui s’ouvrit violemment, alors que Colombe se réfugiait dans mon dos – et c’était moi le trouillard ? Pas de sursaut de mon côté, juste un pas en arrière et une légère montée de garde. Pendant quelques secondes, ce fut le flottement. Puis le silence. Et enfin, quelques mots balbutiés. "Toi ? Mais qu'est ce que tu fais là ? Mais qu'est ce que tu deviens ? Tout va bien ? Bon dieu que tu as pris du muscle ! Ça fait combien d'années ?"

« Euh… » Amusant de voir comment un bavard comme moi pouvait perdre son éloquence habituelle sous le coup de… l’émotion ? la nostalgie ? Je me revis, dix ans plus tôt, devant cet homme. Dix ans, modulo quelques mois. Je cherchai quelque chose à dire, quelque chose d’autre que ce « Euuh… » qui consistait actuellement mon seul vocabulaire, lorsque le coude de Colombe s’enfonça dans mon dos comme une invitation à la présenter. Ce que je m’empressai de faire, sautant sur l’occasion. « Ouais… ça fait un bail… hum… Je te présente Colombe. C’est ma… hum… copine. » C’était étrange. Foutrement étrangement étrange. Vraiment. J’enchaînai aussitôt, préférant m’immiscer plutôt que de replonger dans un mutisme mal à l’aise. « On peut entrer ? » Le regard noir que me lança Colombe me fit remarquer que s’incruster ainsi – puisque c’était ce que je venais de faire en pénétrant dans l’appartement sans attendre la réponse de l’homme – n’était ni poli, ni politiquement correct, ni correctement envisageable, et que j’allais en entendre parler. Mais c’était moi, que d’être ainsi sans gêne lorsque j’étais le plus mal à l’aise. Si c’était un monstrueux défaut ? Osef avais-je envie de penser. J’étais bien au-delà de ça, et le « Je vous prie de l’excuser, j’essaye d’en faire un homme un peu plus évolué que le Cro-Magnon mais ce n’est pas une réussite…» qu’offrit Colombe au propriétaire de l’appartement envahi par mes soins allait certainement rattraper le coup. Elle se réfugia dans mes bras, visiblement déterminée à ne plus trop parler pour me laisser reprendre contact avec celui qui m’avait permis de fuir au Canada, et je me souvins de ses questions. Il était peut être temps d’y répondre non ? Maintenant que tu as brisé toutes les règles de savoir-vivre, pourquoi pas, tiens !

« Je… je passais sur Paris, pour un stage de perfectionnement, et Colombe a insis… et je me suis dis que je pouvais venir… te… voir. Ca fait dix ans, je crois. » Oh, je ne faisais pas que croire. C’étaient les dix ans du décès de ma mère, et ça, je ne pouvais pas l’oublier. « Ca va bien… je crois. Le regard outré de Colombe m’arracha un sourire. « Non, en fait, ça va très bie. Et je crois que je ne t’ai jamais… hum… remercié. Pour… l’argent. » Une de mes mains se perdit dans mes cheveux, manie que j’avais dès que ma nervosité dépassait un certain seuil. « Et toi ? Tu deviens quoi, en dix-ans ? » Je ne me souvenais même pas de ses études, tant j’étais centré sur moi et ma douleur à l’époque. D’ailleurs, à la base, j’avais accepté son hébergement dans le seul but de voler suffisamment d’argent – et accessoirement de quoi me faire de faux papiers – pour quitter le territoire français le plus vite possible. Sans scrupule, sans remord, sans hésitation aucune. Le seul hic avait été que je n’avais pas prévu sa… collaboration. Si on pouvait appeler ça un hic. Un peu tard, je rajoutai, peu soucieux quant à la réponse mais préférant faire un peu plus bonne figure devant Colombe. « J’espère qu’on ne te dérange pas, au fait ! »

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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Lun 1 Sep - 13:29

C'était bel et bien Aguste. Il avait d'ailleurs une jeune fille avec lui qu'il présenta comme étant sa "copine".
"Enchanté de faire votre connaissance mademoiselle."
Bon ok mon grand sourire était peut-être un peu forcé mais je suis censé réagir comment moi ? Après tant d'années, le voir se pointer à ma porter c'est pas un truc auquel je m'attendais. Et pour tout vous dire, je pensais encore moins qu'il viendrais avec une "copine" de ce genre là. Disons juste que d'après mes souvenirs, je l'aurais davantage vu fréquenter une toxico ou une fille totalement perdue ... enfin bref pas une fille bien comme Colombe. Mais c'est une bonne surprise ! Tout comme le fait qu'il ait réussi à survivre et pas finir en prison. Maintenant que j'y pense, je ne sais pas si j'aurais ouvert la porte s'il avait été seul... Ben vu que je ne regarde jamais par le judas avant d'ouvrir, oui j'aurais ouvert. Je ne regarde pas par le judas car il n'y en a pas... Il faut vraiment que je change d'appart. Mais ça me fait plaisir de le voir ça c'est sûr.
"Entrer ? Euh oui bien ..."en il est déjà dedans à ce que je vois... Sa copine semble savoir le maîtriser dites donc ...
"Cro-magnon ? Bon je me permets de te tutoyer ça sera plus simple... Colombe si tu l'avais rencontrer à la même époque que moi, je ne suis pas sûr que tu aurais dit Cro-magnon. Il n'était pas encore camouflé sous cette tonne de muscles. Mais oui il avait ce genre de manière aussi donc ne t'en fais pas ça ne fais rien."
Encore ce grand sourire. Cette fois il est bien moins forcé. Bravo Nicolas, tu te décoinces.
Aguste se décida à répondre à mes questions alors que j'avais oublié que je les avais posé. "Un stage de perfectionnement" ? Perfectionnement de quoi ? Un stage de bonnes manières ? Je pense que Colombe a du pouvoir sur lui mais il ne se laisserait jamais emmener à ce genre de truc. Il faut que je garde cette question en tête, car en attendant il faut que je me concentre sur ses autres réponses. Bon il va bien et ça fait dix ans. Ça va je ne crois pas avoir louper grand chose. Me remercier ? Merde attendez je les ai invités chez moi sans faire exprès ? Me remercier de quoi ? Nicolas petit con, il te remercie pour l'argent, pour l'avoir aider à se barrer de la France il y a dix ans. C'est bizarre de sa part de revenir après tant d'années juste pour cela je trouve, ce qui me laisse penser que l'idée lui a été "soufflée" par Colombe. Ils forment un peu le couple de la belle et le clochard non ?
"Ce que je deviens ? Ben pas grand chose... je suis un chercheur en médecine et du coup je passe mes journées à observer des cerveaux... bref je me fais bien chier mais au moins la paye est bonne."
Euh... ce genre de discours n'est pas accepté par tout le monde car beaucoup se disent que tout ce qui touche la médecine est fantastique donc je ferais peut-être bien de me rattraper.
"Mais c'est un grand honneur que de travailler dans l'espoir de trouver des explications et des remèdes aux maladies, de travailler pour la santé de tous."
Je me suis rattrapé sur ce coup là non ?
"Non non vous ne me dérangez pas. Je n'avais rien de prévu de toute façon. Vous voulez rester manger ? J'ai cuisiné mexicain. Ne me demandez pas de prononcer le nom du plat car j'en serais incapable. Il faut juste que je rajoute un poivron et un peu de poulet et j'aurai assez pour trois."
Je me suis mis à regarder Aguste de haut en bas et j'ai réalisé qu'il fallait peut-être mieux faire pour quatre personnes. Il devait être un sacré mangeur.
"Je ne vous laisse pas le choix, je rajoute deux poivrons et j'arrive. Ah au fait, je vous laisse poser vos manteaux sur le porte manteau à côté de la porte pendant que je suis dans la cuisine. Et préparez vous à tout me raconter les petits tourtereaux. Vous avez dix ans à me raconter."
Avec ça comme consigne, je suis certain qu'ils ne verront pas le temps passer pendant que je suis dans la cuisine.
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Aguste M. Voulant
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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Jeu 4 Sep - 20:03



En fait, Colombe m’avait sauvé. C’était simple, limpide, et même si ce n’était pas la première fois – loin de là – que je me faisais cette réflexion, elle n’en apparaissait que plus vraie à chaque fois. C’était elle qui m’avait donné confiance en moi, qui m’avait fait voir ce petit quelque chose en moi qui n’était pas noir. C’était elle qui avait osé m’aimer la première. M’aimer vraiment. Mais malgré tout ça... bon sang, j’avais envie de les étrangler, elle et son petit sourire satisfait, lorsque je la présentai à Nicolas, l’autre personne externe à ma famille qui m’avait donné une chance. Elle était fière d’elle, en plus. Fière que je la présente comme ma copine, fière d’elle alors que je me retrouvais face à un mec que je n’avais jamais eu vraiment l’intention de recroiser de toute ma vie. Non mais vraiment. Mais pourquoi est-ce que j’étais venu ici, moi ? "Enchanté de faire votre connaissance mademoiselle." Le sourire de Nicolas – forcé ? – et celui, chatoyant, d’une Colombe rayonnante comme un paon me firent lever les yeux au ciel, et loin d’avoir envie de rester sur le palier, au risque qu’un voisin quelconque nous tombe dessus, je choisis de remercier Nicolas de nous avoir invités à entrer en ne lui laissant pas le temps de formuler ni son invitation, ni sa joie d’accepter ma demande. En quelques pas – et quelques mots – je fus à l’intérieur de son appartement. J’entendis d’une demi-oreille Colombe tenter de rattraper mon impolitesse assumée, alors que je regardai autour de moi à la recherche d’indices quant à la vie actuelle de Nicolas, et des sujets de conversation pour les heures qui allaient venir. Des heures ? Parce qu’à présent, je comptais vraiment rester des heures dans cet appartement, en présence de ces deux personnes que je connaissais de deux périodes très différentes de ma vie ? Je devais être en train de rendre les armes, ou plutôt de devenir fou. Totalement taré. Perdu. Crétin. Stupide. Mon dieu. "Cro-magnon ? Bon je me permets de te tutoyer ça sera plus simple... Colombe si tu l'avais rencontré à la même époque que moi, je ne suis pas sûr que tu aurais dit Cro-magnon. Il n'était pas encore camouflé sous cette tonne de muscles. Mais oui il avait ce genre de manière aussi donc ne t'en fais pas ça ne fais rien." Ah, ben bien. En plus, j’avais l’impression qu’ils s’entendaient bien. Le rire cristallin de Colombe en réponse à cette remarque au combien juste – et p#tain de m#rde – de Nicolas m’arracha un sourire vexé. Cromagnon eux-mêmes, j’en avais rien à faire de ce qu’ils pouvaient penser de mon savoir vivre, en fait. D’ailleurs, en parlant de tout ça, il était temps que la conversation revienne sous mon contrôle. Je saisis l’occasion d’un silence pour commencer à répondre questions posées un peu plus tôt sur le pas de la porte, sans prendre pour autant le temps de plonger dans les détails. Stage de perfectionnement, tout allait bien dans ma vie grâce à Colombe, j’allais tellement bien que j’apprenais à remercier les gens. La belle vie, en fait. Et lui, que devenait-il au juste ? J’avais beau être observateur, je partais de loin. De très loin. Je ne l’imaginais pas dans un domaine de l’artisanat. C’était plutôt un mec futé, je le voyais bien assis le c#l sur une chaise devant un ordinateur tout la journée, ou alors à tenter d’enseigner à des mioches aussi insupportables que j’avais pu l’être les rudiments de la politesse et de la fugue efficace. Sans parler du vol, ou plutôt de l’emprunt-pour-longue-durée-de-denrées-à-haute-valeur-pécuniaire. Activité que j’avais fort bien maîtrisée à l’époque, il était inutile de revenir là-dessus. Sa réponse, dans tous les cas, manqua de me surprendre, et un ricanement s’échappa de mes lèvres à la description si positive qu’il fit de son travail. "Ce que je deviens ? Ben pas grand chose... je suis un chercheur en médecine et du coup je passe mes journées à observer des cerveaux... bref je me fais bien chier mais au moins la paye est bonne."

Sérieux. Chercheur, lui ? Et bien… au moins, il avait trouvé une occupation qui payait bien, ce qui m’enlevait toute culpabilité quant aux conséquences de mon emprunt d’il y avait déjà une dizaine d’années. Et au moins, aussi, je n’avais même plus à songer à le rembourser. Parfait. Bon, bien évidemment, je savais que Colombe allait me tanner pendant des mois pour que j’offre des vacances au soleil à Dubois, mais bon pour le moment ce n’était pas encore d’actualité. Et Nicolas ne manquait pas de fric, donc tout allait bien dans le meilleur des mondes. J’allais donc faire remarquer au chercheur à quel point il donnait envie de se reconvertir, quand il reprit la parole. « Mais c'est un grand honneur que de travailler dans l'espoir de trouver des explications et des remèdes aux maladies, de travailler pour la santé de tous ». A nouveau, un ricanement m’échappa, agrémenté cette fois d’un éclat de rire et de quelques mots. « Genre tu crois à ton baratin ! Les médecins sont tous des crétins doublés d’arrogants qui se prennent pour des demiurges, ne me fais pas croire que tu es convaincu du contr… » « AGUSTE ! » Colombe m’enfonça son coude dans les côtes, histoire que son interruption soit la plus complète possible. Comment ça, j’allais un peu loin en estimant qu’il n’était pas médecin malgré son diplôme? Comment  ça, il valait mieux que je me la boucle au lieu de m’enfoncer davantage ? Comment ça, je venais de changer de discussion en m’assurant – un peu tard assurément – que nous ne le dérangions pas ? « Non, non vous ne me dérangez pas. Je n'avais rien de prévu de toute façon. Vous voulez rester manger ? J'ai cuisiné mexicain. Ne me demandez pas de prononcer le nom du plat car j'en serais incapable. Il faut juste que je rajoute un poivron et un peu de poulet et j'aurai assez pour trois. » Une fraction de silence me fit hausser un sourcil, alors que Colombe s’empêtrait dans un non, ne te dérange pas, nous n’étions que de passage, et tu sais, nous ne voulons pas déranger, et … qui me fit lever les yeux au ciel. Encore. « Je ne vous laisse pas le choix, je rajoute deux poivrons et j'arrive. Ah au fait, je vous laisse poser vos manteaux sur le porte manteau à côté de la porte pendant que je suis dans la cuisine. Et préparez vous à tout me raconter les petits tourtereaux. Vous avez dix ans à me raconter. » Soit il n’était pas rancunier, soit… soit rien. Dans tous les cas, j’avais faim. Mais un plat mexicain… je ne savais pas vraiment si ça allait dans mon régime sportif que de manger ce genre de plat au beau milieu d’une semaine de stage intensif. Je fis une moue songeuse avant d’acquiescer dans un haussement d’épaule, qui me permit dans un même temps de me défaire de ma veste, et d’attraper celle de Colombe que je jetai dans un mouvement très distingué sur le porte-manteau indiqué. J’allais la suivre dans le salon, histoire de s’asseoir tous les deux en attendant, quand elle me bloqua, paume sur ma poitrine. « Va le voir, Gus, histoire que vous discutiez tous les deux tout seul. » Je fronçai les sourcils. « Comment ça ? ‘Fin on peut discuter avec toi, aussi. Je vois pas le souci… » La discussion se poursuivit silencieusement dans un échange visuel agrémenté d’un ballet de sourcils. Finalement, au bout de quelques secondes, je cédai une nouvelle fois.

Finalement, cette semaine de stage et de fatigue n’était pas bonne pour ma volonté et mon obstination coutumières. Je cédais bien souvent depuis notre arrivée à Paris. Un peu trop souvent, tout simplement. C’en était inquiétant, et j’étais en train de m’en faire la remarque lorsque je rejoignis Nicolas dans la cuisine. Je m’adossai au plan de travail, le suivant du regard. Sans Colombe, je n’avais plus aucune raison de faire comme si j’étais un être civilisé, non ? « Nicolas… faut que je te le dise, c’est Colombe qui a tenu à ce que je vienne. C’est une fille chouette, mais je crois qu’elle a pas trop compris dans quelles circonstances on s’est croisé la première fois. J’ai été un peu… » Je cherchai mes mots quelques secondes, en jouant avec un couteau récupéré dans l’évier. J’avais plus l’habitude de désarmer des adversaires armés d’un couteau que de jouer avec, mais j’avais appris à le lancer, juste par curiosité personnelle. « … j’ai été évasif, on va dire ça comme ça. Essaye de pas trop lui dire que… les circonstances exactes. Disons qu’elle sait que j’ai fugué, que j’étais pas très clean. Mais pas trop le reste. » Le couteau, à ces mots, manqua de m’échapper et de se planter dans ma main. Si je cessai aussitôt de jouer avec ? Loin de là. Je préférai accélérer sa rotation entre mes doigts, comme si je tenais un simple stylo. Détachant mon regard de l’arme, je plongeai mon regard brun dans celui du chercheur, un petit sourire naissant sur mes lèvres, tandis que je rajoutai : « En plus, elle est avocate. Donc, bon, j’ai pas envie que ce soit elle qui me foute en taule » agrémenté d’un clin d’œil.



Dernière édition par Aguste M. Voulant le Dim 14 Sep - 12:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Lun 8 Sep - 15:50

En entrant dans la cuisine je réalisais la phrase qu'avait prononcée Aguste "Les médecins sont tous des crétins doublés d’arrogants qui se prennent pour des démiurges, ne me fais pas croire que tu es convaincu du contr…". Les médecins sont tous des crétins doublés d'arrogants. C'est bien la première fois que quelqu'un voit en les médecins ce que je vois depuis tant d'années ! Je déteste tous mes collègues avec leurs grands airs supérieurs. Je ne me suis jamais senti à l'aise avec eux. Je préfère passer du temps avec les infirmières, les secrétaires, les agents de service ... bref toutes les personnes que les médecins méprisent la plupart du temps. Je suis certain que des personnes de mon service ne savent même pas que je suis médecin. Enfin bref, je suis d'accord avec Aguste et au final Colombe n'avait pas besoin de le reprendre. Par contre, j'espère qu'Aguste ne voit pas cela en moi... Suis-je devenu comme toutes ces personnes que je hais ? J'espère bien que non.
Petits petits petits ! Où êtes vous mes petits poivrons ? Un jour je rangerai mon réfrigérateur mais pour le moment ma façon de ranger c'est plutôt mettre où il y a de la place, donc non, mes légumes ne sont pas dans mon bac à légumes. Les voilà ! Aller hop, je peux enfin me mettre au boulot... ou plutôt à la découpe.
J'allais enfin m'attaquer à la viande lorsqu'Aguste est venu dans la cuisine.
"Nicolas ..." Ben oui c'est moi... Aguste tu ne t'es pas planté de personne c'est déjà ça ...
"faut que je te le dise, c’est Colombe qui a tenu à ce que je vienne." Ben ça je l'avais déjà compris mon pauvre. J'ai bien compris qui porte la culotte dans votre couple. Deux secondes Nicolas, tu parles bien dans ta tête et pas à voix haute j'espère ?! C'est bon, je parle dans ma tête, j'ai des années d'expérience.
"C’est une fille chouette, mais je crois qu’elle a pas trop compris dans quelles circonstances on s’est croisé la première fois. J’ai été un peu… j’ai été évasif, on va dire ça comme ça. Essaye de pas trop lui dire que… les circonstances exactes. Disons qu’elle sait que j’ai fugué, que j’étais pas très clean. Mais pas trop le reste." Dire de sa copine que c'est une fille chouette ça put un peu du cul non ? Mais bon c'est Aguste après tout... La suite de la phrase m'indique qu'il vaut mieux que je taise, ou du moins que je reste évasif sur cette période...
"En plus, elle est avocate. Donc, bon, j’ai pas envie que ce soit elle qui me foute en taule"
"Avocate ? Tu sors avec une avocate ? C'est comme si un alcoolique sortait avec une bouteille d'alcool. Bon sauf que dans ce cas-là, on peut déjà préparer les faire-parts car la bouteille va vraiment se faire descendre. Ça fait très hollywoodien ton histoire quand même : le mauvais garçon (enfin l'ancien mauvais garçon) qui sort avec la jolie fille qui suit la loi. Dans ton cas, en plus, elle connait la loi par cœur. Euh ... j'ai dit tout ça à voix haute ?"
Oui oui Nicolas, tu l'as bien fait.
"Ne t'en fais pas trop Aguste, je n'en parlerai pas. Et puis de toute façon, je ne vois pas l'intérêt de ressasser le passé. On ne s'est pas vu depuis dix ans, j'imagine que tu dois avoir plein de chose à raconter. Comme pour quelle raison je n'ai pas reçu de carte postale ? C'est quoi cette histoire de stage de perfectionnement ? Où est-ce que tu vis ? Tu fais quoi dans la vie ? ... Tu vois, il y a pleins de sujets de conversation."
Encore deux petites minutes de cuisson et ce sera prêt...
"Aguste, si tu veux rendre fière Colombe, je te sors de quoi mettre la table et je te laisse aller la mettre sur la table du salon. Je suis certain qu'elle sera aux anges."
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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Dim 14 Sep - 19:17



Ouais, je l’avouais sans peine à mon miroir, c’était assez comique comme situation. Je n’avais jamais – Merlin m’en garde – suivi les règlements, quels qu’ils soient. Les règles, les codes, les trucs à faire, les obligations, l’autorité… c’étaient à tout ça que j’étais violemment allergique, et ce depuis toujours. Alors que moi, un casse-c#uille reconnu et connu, un emm#rdeur de premier, qui avait fugué, volé, falsifié des papiers, trichés, menti, que moi tombe amoureux d’une future à l’époque et désormais avocate, c’était ironique. Comique. On s’y faisait, au bout d’un moment, surtout qu’elle ne connaissait pas l’ampleur de mon goût pour l’illégalité, mais ça restait amusant. Je me souvenais sans peine de la première fois que j’avais revu Zouè en tête à tête, sans Colombe, lorsqu’elle nous avait forcé – bon d’accord, j’étais le seul forcé dans l’affaire – à prendre un café et à discuter. Un autre point qui nous dissociait, Colombre et moi, d’ailleurs : la discussion. J’étais plutôt partant en général pour la méthode « je frappe, on discute après si tu as encore des dents », elle c’était le contraire. Et donc, je m’étais retrouvé, tout à fait ravi, devant ma grande sœur qui m’avait longuement toisé de haut en bas, avant de me foutre une gifle, et de partir dans un éclat de rire qui m’avait laissé profondément dubitatif. Et sa première question avait été quelque chose du genre Colombe, hein ? Une avocate ? Toi ? Bon sang, t’aimes vivre dangereusement, petit frère !. Bref. Donc oui, j’étais au courant du comique de mon couple, mais me le réentendre dire par Nicolas avec autant de délicatesse me fit étrangement voir les choses différemment. "Avocate ? Tu sors avec une avocate ? C'est comme si un alcoolique sortait avec une bouteille d'alcool. Bon sauf que dans ce cas-là, on peut déjà préparer les faireparts car la bouteille va vraiment se faire descendre. Ça fait très hollywoodien ton histoire quand même : le mauvais garçon qui sort avec la jolie fille qui suit la loi. Dans ton cas, en plus, elle connait la loi par cœur. Euh ... j'ai dit tout ça à voix haute ?" « A ton avis, crétin ? » Je le foudroyai du regard, m’apprêtant à lui faire remarquer que si ça le perturbait à ce point, je pouvais toujours lui éclaircir la vue et lui remettre en place le pois chiche qui lui tenait lieu de cerveau d’un bon coup de genou dans les parties et de poing dans la tronche, mais il m’épargna cette peine en enchaînant directement."Ne t'en fais pas trop Aguste, je n'en parlerai pas. Et puis de toute façon, je ne vois pas l'intérêt de ressasser le passé. On ne s'est pas vu depuis dix ans, j'imagine que tu dois avoir plein de chose à raconter. Comme pour quelle raison je n'ai pas reçu de carte postale ? C'est quoi cette histoire de stage de perfectionnement ? Où est-ce que tu vis ? Tu fais quoi dans la vie ? ... Tu vois, il y a pleins de sujets de conversation." Oulah, trop de questions, encore une fois. Je m’assis sur le plan de travail, après avoir dégagé ce qui s’y trouvait – j’avais quand même un peu de jugeote, il faut pas croire –, et fis une moue incertaine, le temps de réfléchir à ce que j’allais lui répondre. « Bouarf, tu pensais vraiment que j’allais t’envoyer une carte postale, mec ? » Comment ça, ce n’était pas forcément ce qu’il attendait comme réponse à cette flopée d’interrogations qu’il m’avait balancé à la tronche ? « Mais merci de comprendre, pour Colombe. J’ai vraiment pas envie de la perdre bêtement comme ça. Ce serait tellement… ouais nan… J’aimerais vraiment être au niveau avec elle. Ne pas m#rder, comme j’ai toujours m#rdé avant et comme je m#rde encore trop souvent. » Ce devait être la première fois que je disais tout ça à haute voix, mais ma relation – amitié ? – avec Nicolas était spéciale. C’était celui qui m’avait tendu la main, et l’une des rares personnes qui m’avaient fait confiance, et qui n’était ni de ma famille ni de Provence. Et qui connaissait presque – heureusement – tout de moi. Il n’était pas au courant pour ma mère, il ne m’avait jamais demandé – ou du moins je ne lui avais jamais répondu s’il l’avait fait – pourquoi j’étais en fugue ; Et ça, c’était vraiment chouette de sa part.

"Aguste, si tu veux rendre fière Colombe, je te sors de quoi mettre la table et je te laisse aller la mettre sur la table du salon. Je suis certain qu'elle sera aux anges." Quoi ? Pardon ? Il se foutait de ma tronche, là ? Ou bien il était sérieux ? Noon… quand même pas. Il ne pouvait pas sérieusement être sérieux, non ? Et bien il semblait que si. « Elle est déjà un ange, pas besoin d’en rajouter sinon elle va prendre la grosse tête. » me contentai-je de lui répondre, avant de lui tirer la langue de façon très mature, et de fouiller les placards en quête d’assiettes, verres et autres couvertes que j’entassai sur un bras pas très assuré. J’espérais un peu qu’il ne tenait pas plus que ça à sa vaisselle, même si je n’étais pas particulièrement maladroit en temps normal. Juste un peu trop téméraire, joueur et crétin. En quelques mouvements, le temps qu’il termine de faire cuire un plat qui commençait vraiment à me donner faim, le couvert était mis sous le regard étonné et amusé d’une Colombe que je punis en lui imposant mes genoux comme siège pour la maintenir tout contre moi. J’avais besoin de me rassurer, c’était cȝn mais c’était comme ça. Besoin de me dire qu’elle ne comptait pas m’abandonner comme m’avaient abandonné. Lorsque Nico fut installé face à nous, nos assiettes remplies, je libérai Colombe – histoire de ne pas me retrouver avec des senteurs mexicaines sur mon tee-shirt et mon pantalon, vu son adresse coutumière – et commençai à jouer avec la nourriture, sans pour autant la porter à ma bouche. Si j’avais faim ? Bien sûr. Si j’étais du genre à me goinfrer et à parler la bouche pleine, à terminer le plat et à me resservir sans en proposer aux autres ? Encore une fois, bien sûr. Mais là, j’étais en train de réfléchir à ce que je pouvais et ne pouvais pas dire à Nicolas devant Colombe, et surtout à ce que je voulais lui raconter. Après un moment de blanc, et de regards très appuyés de la part de Colombe pour me faire comprendre qu’il fallait que je parle, je me résignai donc à lancer la conversation. Si on pouvait appeler ça une conversation, d’ailleurs, puisque ça allait très certainement tourner aux questions-réponses concernant ma vie. Cool.

« Du coup… on s’est installé aux Etats-Unis, à Minneapolis, j’sais pas si tu vois où c’est. » et j’espérais une réponse affirmative, parce que je n’avais pas envie de réfléchir. « Colombe est dans un cabinet d’avocat et moi… » Je m’interrompis. Si j’avais honte ou une c#nnerie dans le genre, de ce que je faisais ? Ah non, fallait pas se faire d’illusion. J’adorais mon sport, j’adorais le pratiquer, j’adorais mettre des crétins imbus d’eux même à tard et leur massacrer les articulations en toute légalité – ou presque. Mais je n’arrivais pas à trouver comment formuler le tout de manière politiquement correcte. « Aguste est un sportif professionnel, d’où le stage d’ailleurs. » « Ouais, voilà, sportif professionnel. Dans les arts martiaux. Je fais quelques compétitions un peu partout, j’enseigne à moitié lorsque j’ai du temps libre et que mon entraîneur n’arrive plus à me supporter, ou que je suis suspendu… tu vois le genre » Oui, parce qu’il m’arrivait – souvent – d’être suspendu soit par la fédération, soit par mon entraîneur qui avait envie de me massacrer, de une à trois semaines dans le pire des cas, pour avoir montré un peu trop d’enthousiasme à démolir la tronche de mon adversaire, ce que j’avais tendance à trouver un peu trop méchant comme réaction. Le Krav, c’était sport dangereux, fallait pas avoir peur de se tordre le petit doigt, bon sang ! Et puis, ils n’avaient rien à redire, puisque mes coups et mes enchaînements brillaient par leur perfection. Ils n’avaient pas à m’exclure, à me radier : ils n’avaient techniquement rien à me reprocher. C’était particulièrement exaspérant pour eux, merveilleux pour moi, qui me limitais à des regards goguenards en lieu et place des doigts dressés en leur honneur. Ne pas leur donner de prétextes pour me virer, surtout pas. « Faudra que tu viennes me voir combattre un de ces jours, ça pourrait t’amuser, non ?

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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Mer 17 Sep - 13:03

Je ne pensais vraiment pas qu'Aguste le ferait mais si, il s'est bien mis à faire la table. Certes il a un peu ronchonné, mais sans plus, en tout cas bien moins que ce à quoi je m'attendais. Finalement elle l'avait bien dressé Colombe notre petit mec de Provence. Bon, sa façon de prendre la vaisselle ne montrait pas beaucoup de douceur mais de toute façon il faut bien la casser la vaisselle non ? Et puis elle venait de Babou ou d'Ikea de toute façon donc même si tout tombait, je ne lui en aurait pas voulu. Quoi que  si ça signifiait devoir manger avec les mains ou un truc du genre, j'avoue que là ça m'aurait emmerdé. Je n'aime pas trop manger avec les mains... Qui que de toute façon les couverts ça ne se casse pas donc on aurait pas eu ce problème. Oui une fois de plus j'ai une réflexion des plus intéressante et des plus vitales n'est ce pas ? Enfin bon, il ne me fallut pas beaucoup de temps pour finir de cuisiner et au final j'ai rejoint mes "invités" peu de temps après qu'Aguste ait mis la table. Colombe était sur les genoux de ce dernier. Quel mignon petit couple. Ok j'avoue qu'en les voyant j'ai eu ce sourire de crétin, genre une mère qui regarde son enfant faire sa première crotte dans le pot... Je ne devrait pas faire cette comparaison juste avant de manger... Quoi que c'est lié de toute façon, pas de pot sans nourriture. Aller hop, je me suis enfin assis sur la chaise encore libre après avoir rempli toutes les assiettes. Bon j'en avais rempli une bien plus que les deux autres, au point qu'elle aurait pu déborder. Il faut bien les nourrir tous ces muscles non ?  
"Bon appétit ! J'espère que vous aimerez..."
Après un petit blanc, qui ne me dérangea pas tant que ça vu que c'est logique de ne pas parler quand on mange (ce n'est pas poli de manger la bouche pleine non ?), Aguste entama la conversation. Il expliqua qu'ils vivaient à Minneapolis, aux USA. Est-ce que je voyais où c'était ? Ben la position des Etats-Unis ne m'a jamais trop posé de problème, Minneapolis en revanche ... Mais Aguste ne semblait pas vouloir parler de cet endroit, du coup je me suis contenté d'hocher la tête même si ce n'était pas vrai. Peut on vraiment considérer cela comme un mensonge alors que je n'avais pas prononcé un seul mot ?
Un sportif professionnel, dans les arts martiaux. Vu la carrure d'Aguste, ça ne me surprenait pas plus que ça. Il avait trouvé sa voie, et cela était le plus important. Il s'en était vraiment bien sorti, et le voir ainsi me faisait réaliser que j'avais vraiment pris la bonne décision en l'aidant il y a dix ans. Ça fait vraiment plaisir de se sentir utile de temps en temps, surtout quand on passe toute sa journée seul dans un labo sans avoir l'impression de faire aucune découverte. Il avait vraiment bien tourné, à part pour le fait qu'il semblait dire se faire souvent  suspendre... mais il fallait bien il reste notre petit Aguste non ?
"Je viendrais te voir avec grand plaisir, tant que ce n'est pas aux USA... Ce n'est vraiment pas un pays qui m'intéresse. Il se prend trop pour LE pays le meilleur du monde alors qu'il y a bien plus de personnes pauvres que de personnes vivants réellement le rêve américain... Enfin même si vous semblez bien partis"
Encore une fois, je venais peut être de parler alors que j'aurais dû me la fermer.
"Mais la vérité c'est surtout que je n'ai jamais réussi à faire une phrase en anglais alors il faut bien que je trouve une excuse autre que le fait que je sois nul... Et c'est quoi exactement comme art martial ? Tu as des compétitions parfois en France ? Et toi Colombe, ça ne t'inquiète pas trop son travail ? Ou c'est juste qu'il dégomme les autres sans jamais se faire dégommer ?"
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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Jeu 25 Sep - 13:39



En général, lorsque les gens me rencontraient pour la première fois, ils me trouvaient juste exaspérant. Pourquoi juste ? Parce que par la suite, si on était amené à se revoir, c’était carrément de chiant et d’insupportable gosse sans éducation qu’on me qualifiait, sans la moindre hésitation, dans les cas les plus flatteurs. Oh, il ne fallait pas croire que ça me dérangeait outre mesure : je m’y étais habitué avec le temps et en plus ça m’amusait au final, mais ce qui était à noter dans le cas présent, c’était que rien n’avait changé depuis mes dix ans sur ce point. On ne me supportait encore que tout juste, quelque soit l’âge, quelque soit le milieu, quelle que fussent même les circonstances de rencontre. Et que des gens comme Nicolas ou Colombe m’acceptent comme je suis, alors que je piétinais et explosais tous les principes élémentaires de courtoisie en en ayant parfaitement conscience, ça me sidérait. Sérieux, ça m’impressionnait à chaque fois. C’était comme une énigme insoluble qui me laissait bredouille depuis trop d’années pour que mon cerveau accepte encore de tenter de compiler les inconnues. Bon, d’accord. Colombe, elle m’aimait et on pouvait imaginer que ça pouvait aider, et que sur un malentendu ça pouvait passer comme explication. Mais Nicolas. Sérieux, Nicolas. Le mec, il m’avait rencontré il y avait quoi… dix ans ?, je l’avais volé – ou du moins j’avais projeté de le faire – et cash, il m’avait aidé à fuguer, il semblait aujourd’hui sincèrement content de me croiser, il semblait même ne pas m’en vouloir de m’inviter chez lui sans lui demander quoique ce soit. "Bon appétit ! J'espère que vous aimerez..." Et en plus, il nous nourrissait, gratos ! En fait, ce mec était juste un psychopathe. Un psychopathe de génie des relations sociales. Ou un mec sans amis, aussi. Bref. Jouant un instant avec la nourriture, je pris mon temps avant de parler et de répondre aux questions posées il y avait déjà des lustres de cela par notre hôte. Minneapolis, avocate, sportif, avec Colombe, on fit rapidement le tour de ce qu’il y avait à dire, et plus encore de ce qui était intéressant. Et en dehors de mon allusion aux fréquentes suspensions et autres repos forcés pour préserver l’intégrité intellectuelle de mon entraîneur, j’avais presque pas fait de boulettes. Presque. "Je viendrais te voir avec grand plaisir, tant que ce n'est pas aux USA... Ce n'est vraiment pas un pays qui m'intéresse. Il se prend trop pour LE pays le meilleur du monde alors qu'il y a bien plus de personnes pauvres que de personnes vivants réellement le rêve américain... Enfin même si vous semblez bien partis" Colombe arqua un sourcil devant la franchise de Nicolas ; moi je commençai à comprendre pourquoi il me supportait aussi bien : il était presque pire que moi dans la catégorie franchise-sans-gène. Presque, hein !, il ne fallait pas pousser non plus. Et donc, je me contentai de rire devant sa véhémence et son peu d’amour pour notre pays d’adoption, loin, très loin même, d’être vexé. "Mais la vérité c'est surtout que je n'ai jamais réussi à faire une phrase en anglais alors il faut bien que je trouve une excuse autre que le fait que je sois nul... Et c'est quoi exactement comme art martial ? Tu as des compétitions parfois en France ? Et toi Colombe, ça ne t'inquiète pas trop son travail ? Ou c'est juste qu'il dégomme les autres sans jamais se faire dégommer ?" Mon rire s’accentua lorsqu’il prétexta son peu d’attirance pour l’anglais pour justifier ses propos précédents. Je lâchai la fourchette pour se servir un peu d’eau – et en servir aux autres après un coup dans les côtes de la part de Colombe – avant de rétorquer : « Te fous pas de ma gueule, si tu peux pas blaire les States, osef, j’en ai rien à faire, cherche pas à te justifier mec ! » Je secouai la tête avant de boire une gorgée d’eau. Et Colombe, la plus diplomate des trois de toute évidence, en profita pour orienter la conversation sur un autre axe, plus léger à première vue. « Aguste fait du self-defense. Après, je dois bien dire que… » Petit regard amusé dans ma direction. « Il connaît mon avis à ce sujet. » Je m’étranglai en avalant de travers, avant d’expliquer plus en détail ce qu’elle sous-entendait par ces mots. « Colombe trouve ça trop violent, t’as vu juste. N’est ce pas Chérie ? » J’haussai les épaules, m’ébouriffant les cheveux d’une main nerveuse. « Je fais du Krav-Maga, c’est du self-defense pur, assez violent de base. Grosso modo… c’est un truc d’apprentissage du self-defense en un minimum de temps. Après, avec la pratique, j’en suis venu à être calé forcément en krav, mais j’ai un excellent niveau en judo, karaté, taekwondo, aïkido et tutti quanti. Tu vois le genre » L’idée c’était juste une connaissance parfaite de mon corps, de ses faiblesses et des faiblesses des autres, pour mettre à terre, immobiliser ou totalement mettre hors jeu les moindres assaillants, qu’ils attaquent à plusieurs ou non. »[/color] Je pris une bouchée du plat mexicain, avant de reprendre sans avoir tout avalé. « On se fait forcément dégommer la tronche même lorsqu’on est un génie comme moi » « Tu te souviens de ce qu’on a dit sur la modestie, Gus ? » maugréa une Colombe exaspérée. Je l’ignorai en poursuivant : « L’idée c’est que les coups qu’on se prend ne soit pas létaux et que ceux qu’on inflige le soient. C’est vraiment cool comme sport. » Je conclus dans un petit sourire narquois, me demandant ce que Nico pouvait être en train de penser de moi.

Me considérait il à présent comme un psychopathe dans les mains duquel on viendrait de mettre une tronçonneuse devant une sortie d’école, ou juste comme un gosse auquel on venait d’offrir le tractopelle dont il rêvait temps depuis dix-huit mois ? La question était en suspens dans l’air, et je m’aperçus que la réponse ne m’indifférait pas tant que ça – assez mauvais signe. D’autant plus que Colombe en profita pour rajouter une couche. « C’est pour ça que je n’ai jamais assisté à un de ses entraînements ou une de ses compètes. Ca m’écœure de le voir frapper d’autres gens, et surtout de le voir se faire frapper. C’est trop violent pour moi. Mais tu dois être bien placé pour savoir que lorsqu’Aguste a décidé quelque chose, il l’a assez rapidement. Donc tant qu’il ne me frappe pas et qu’il ne m’oblige pas à voir ça, je laisse couler. » Et bien… elle traçait de moi un portrait des plus flatteurs, et je me sentis commencer immédiatement à bouder, sans tenir compte du faire que j’avais déjà un quart de siècle. Je lui lançai un regard noir, et en lançai d’ailleurs un aussi à Nicolas pour le mettre au défi de dire quelque chose, avant de jouer à nouveau avec la nourriture du bout de ma fourchette et de maugréer dans ma barbe inexistant un « Mouais, mouais, tu sais bien que je vais pas te frapper. » avant de demander plus intelligiblement : « Et toi, tu fais quoi avec tes cerveaux ? »

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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Mar 30 Sep - 9:35

Finalement les choses que j'avais dites sur leur pays d'adoption ne semblaient pas réellement avoir gêné mes invités. Mais j'étais rassuré que Colombe change de sujet. Aguste m'annonça alors que son art martial était le "Krav-maga". Je dois avouer que jamais je n'en avais entendu parler. Il faut dire que déjà à la base, je ne suis pas très sport, et encore moins sport de combat. Je connais le judo, le karaté, le taekwondo, la boxe ... mais aucun ne m'a intéressé. Alors soyons honnêtes, je ne vois vraiment pas comment j'aurais pu entendre parler de ce sport. Mais vu la façon dont Aguste a automatiquement essayer d'expliquer ce que c'était avant même que je n'ai le temps de dire quoi que ce soit, ça doit montrer qu'il était habitué que les gens ne connaissent pas tous. Ou alors il s'est juste dit que si je connaissais j'aurais entendu parler de lui. Dans les deux cas, j'étais bien content qu'il en dise un peu plus. D'après ce que je comprenais, ce sport était vraiment des plus violent. Ça semblait parfait pour lui, parfait pour cette boule d'énergie. Bien sûr, Colombe ne semblait pas aimer ce sport... "semblait" pouvant être remplacé par un "elle n'aimait vraiment pas ça". Mais même si elle n'aimait pas cela, suis je le seul surpris par le fait qu'elle n'ait jamais vu un seul de ses matchs ? Au moins un pour voir ce que ça donne ? Mais bon, on voit tout de suite qu'elle n'a pas l'air d'être le genre de filles à pouvoir aimer cela. Quoi que parfois les femmes peuvent être des plus surprenantes.
Honnêtement, je ne savais pas quoi dire. Je comprenais les deux opinions, et j'avais du mal à me faire la mienne. Et puis de toute façon, je ne vois pas ce que ça aurait pu changer. J'ai donc préféré ne rien dire, et hocher la tête comme un demeuré. Je trouvais la voie d'Aguste, certes dangereuse et violente, mais adaptée à lui. Il n'est pas le genre de personne que j'imaginerais derrière un bureau, à suivre les ordres de son patron. Je pense même que s'il avait essayé cette voie, il y aurait eu au moins un patron qui serait passé par la fenêtre. En ce qui concernait l'opinion de Colombe, je la trouvais très humaine. Oui c'était un sport très dangereux et qui n'était pas en accord avec ses idées, mais elle était assez ouverte pour ne pas empêcher Aguste de suivre son rêve. N'était-ce pas une belle preuve d'amour ? Du coup, j'ai préféré ne rien dire... surtout qu'Aguste me lançait un regard noir donc je préférais choisir la facilité.
Une nouvelle fois, le sujet de la conversation changea. On passa du krav-maga à "mes cerveaux". Je n'étais pas vraiment certain que c'était un sujet approprié à table mais bon, quand on vous pose une question il faut bien répondre non ?
"Mes cerveaux ? Et bien je les coupes en fines tranches puis je les passe sous le microscope parfois. C'est fou comme l'on peut apprendre des choses juste en étudiant le cerveau d'une personne décédée. Mais bon, vu que les sujets que j'étudie ne sont pas tous morts, je n'ai pas tout le temps la possibilité de les retirer de la boîte crânienne de son possesseur. Il faut alors que j'utilise d'autres outils. Mais bon, en ce moment je travaille sur une molécule qui semble pouvoir protéger le cerveau des tumeurs cérébrales. Je travaille surtout sur les souris pour l'instant mais qui sait, je travaillerais peut-être un jour sur des cerveaux humains. Mais bon, je ne fais pas trop d'illusion."
Je ne me faisais pas trop d'illusion tout simplement car je ne suis pas le genre de chercheur à vouloir un prix Nobel, je suis simplement le genre de chercheur qui bosse pour mettre du beurre dans ses épinards. Oui je casse un mythe mais bon c'est pas trop grave.
"Assez parler de mes cerveaux... surtout que je ne pense pas que ce soit le genre de sujet qu'il faut avoir à table... Et toi Colombe ? Tu es avocate mais c'est vaste comme domaine. Quelle est ta spécialité ? Le pénal ? Les droits des entreprises ? Es-tu du genre avocate pourrie qui ne pense qu'à l'argent même si ça signifie défendre les pires connards ou plutôt avocate idéaliste qui se bat contre les gros connards ?"
Oui j'aurais pu éviter de poser cette dernière question mais elle est intéressante non ? Comment se voit-elle ? On apprend beaucoup de choses sur une personne quand on étudie comme cette personne se voit. Bon ok j'avoue, je pensais pas poser cette question à voix haute.
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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Jeu 2 Oct - 12:21



Que Colombe ne supportait pas le krav-maga, j’étais au courant depuis assez longtemps déjà. Ca avait été la cause principale de nos enguelades au début. Elle ne comprenait tout simplement pas le plaisir qu’on pouvait trouver dans ce sport plus que violent, elle avait même suggéré lorsqu’on s’était mis ensemble que j’arrête et que je me reconvertisse immédiatement dans l’informatique – je suivais des cours en parallèle depuis quelques mois – ou dans n’importe quel domaine qui, selon ses mots, ne nécessitait pas de se comporter comme un rustre doublé d’un bourrin. Ce qui était totalement stupide. J’aimais ma profession, je donnais des cours de self-defenses lorsque je n’étais pas en stage ou en compétition, et ça me permettait de me défouler légalement au lieu de frapper des plus-ou-moins innocents qui auraient eu le malheur d’être sur mon chemin. En bref, donc, on s’était souvent disputés à ce sujet et si ni l’un ni l’autre n’était revenu sur sa position, on avait choisi dans un commun accord de ne plus aborder le sujet. Pour notre santé à tous les deux et surtout pour la santé de notre couple. Donc que Colombe ne supportasse pas le krav-maga, je m’y étais habitué. Mais qu’elle ne se gêne pas pour exposer sa position et son opinion à Nicolas, ça m’énervait pas mal. Ce n’était tout de même pas le moment de remettre ça sur le tapis, b#rdel ! Surtout pas devant lui, qui me rappelait vaguement mes grands frères. Il me rappelait surtout Silvan, d’ailleurs ; Silvan qui était, aux dernières nouvelles – merci Zouè – médecin. Comme Jirome. Sauf que Jirome est chirurgien, et que Jirome ne me déteste pas. Donc oui, ce n’était pas le moment d’étaler devant Nicolas ce qui mettait le plus de tension entre Colombe et moi lorsqu’on ramenait le sujet sur le devant de la scène.

C’était d’ailleurs la raison pour laquelle je choisis de changer de sujet de conversation. Ses cerveaux, c’était peu être un peu glauque pour une discussion en plein milieu d’un repas – le soupir désabusé que poussa Colombe me le fit assez bien comprendre – mais au moins ça allégeait un peu le ton de la conversation et je ne risquais plus – ou du moins risquais moins – de m’énerver. Après tout, un cerveau, ce devait être rudement intéressant si le mec devant moi en avait fait sa vie, non ? Et puis, ce n’était pas plus répugnant que la fois où je m’étais esquinté le bras jusqu’à l’os dans un accident de moto, après un léger excès de vitesse et une perte de contrôle inopinée sur un sol trempé, non ? La réponse de Nicolas me prouva en un clin d’œil que j’avais tort, et que c’était presque plus gore. Et j’adorais ça. Dès ses premiers mots, mon attention se fit complète, mes yeux fixés sur le chercheur, les oreilles grandes ouvertes, le cerveau – justement – passé en mode éponge pour absorber tout ce qu’il était en train de me dire. Ma mémoire, jugée extraordinaire par ceux qui ne connaissaient pas encore mon caractère de m#rde, était l’un de mes plus grands atouts, tout comme ma capacité de réflexion. Et lorsque je disais que j’absorbais ce qu’il me disait, ce n’était presque pas qu’une métaphore. Ses mots, son intonation même, j’enregistrais le tout pour m’en resservir plus tard, agrémentant d’ailleurs ses phrases d’images inventées de toute pièce pour illustrer au maximum ses propos, rendant le tout bien plus ludique. "Mes cerveaux ? Et bien je les coupes en fines tranches puis je les passe sous le microscope parfois. C'est fou comme l'on peut apprendre des choses juste en étudiant le cerveau d'une personne décédée. Mais bon, vu que les sujets que j'étudie ne sont pas tous morts, je n'ai pas tout le temps la possibilité de les retirer de la boîte crânienne de son possesseur. Il faut alors que j'utilise d'autres outils. Mais bon, en ce moment je travaille sur une molécule qui semble pouvoir protéger le cerveau des tumeurs cérébrales. Je travaille surtout sur les souris pour l'instant mais qui sait, je travaillerais peut-être un jour sur des cerveaux humains. Mais bon, je ne fais pas trop d'illusion."

Je le voyais déjà découper les cerveaux en tranche comme il s’était évertué à le faire un peu plus tôt avec les poivrons, mais certainement avec plus de concentration et de minutie. Et en plus, c’étaient des vrais cerveaux. Colombe fit une moue légèrement dégoûtée, en repoussant légèrement ce qu’il restait dans son assiette. Moi, pour le coup, j’étais en train de sourire bêtement. « P#tain, c’est trop génial. J’suis tarpin fan ! Ca a quelle consistance un cerveau ? Ce serait plutôt comme du pudding ou du gras comme on trouve dans les bouts de viande des resto moisis ? » tarpin. Un résidu de mon enfance provençal, un résidu de ce qu’on pouvait appeler argot marseillais, un résidu bien ancré dans ma façon de parler, comme ces jurons qui fleurissaient à chaque phrase et cet accent indémodable qui s’accrochait à ma voix comme une moule à son rocher. Ma question tira à Colombe un rire amusé et désabusé, comme si elle se doutait que le sujet de la conversation allait bien plus me plaire que prévu. Elle me connaissait trop bien, ça en devenait presque inconvenant à ce point là. Pas dérangeant, non, juste inconvenant. Pour Nicolas. Qui choisit, lui, de revenir au sujet de base. "Assez parler de mes cerveaux... surtout que je ne pense pas que ce soit le genre de sujet qu'il faut avoir à table... Roooh… de suite… c’était au contraire un sujet bien adapté à un repas, puisque tout le monde pouvait participer et que plus que jamais on pouvait faire des modélisations avec les aliments présents dans nos assiettes, non ? Visiblement, j’étais le seul de mon avis. « Et toi Colombe ? Tu es avocate mais c'est vaste comme domaine. Quelle est ta spécialité ? Le pénal ? Les droits des entreprises ? Es-tu du genre avocate pourrie qui ne pense qu'à l'argent même si ça signifie défendre les pires connards ou plutôt avocate idéaliste qui se bat contre les gros connards ?" Cette fois, les gros yeux que fit Colombe à Nicolas durent lui faire comprendre qu’il pouvait être franc autant que possible, il y avait quand même des limites à ne pas dépasser. Je la sentis se tendre à mes côtés et hésitai entre désamorcer tout de suite la bombe ou laisser Nicolas se dépatouiller dans son merdier en ricanant de mon côté et grignotant le plat mexicain à défaut d’avoir un paquet de pop corn sous la main. Par égard pour le chercheur – solidarité masculine ? – j’optai, raisonnablement, pour la première option et devançai une Colombe offusquée.

« Evite de parler des pourris à Colombe, elle n’est pas trop fan. Elle travaille dans un cabinet de droit international, je crois. » Je cherchai un soutien du côté de Colombe, parce que le droit, même si j’avais fréquenté un certain nombre d’amphi de cette discipline pendant quelques années à Québec, je n’en avais rien retenu. Parce que draguer puis embrasser les filles ça ne poussait pas à particulièrement écouter ce que raconter un prof moche et vieux, même si on avait une mémoire aussi excellente que la mienne. D’ailleurs, en parlant de prof, ce devait être le cours de droit pénal que j’avais très bien écouté. La prof était jeune et plutôt jolie. Et le fait que je lui dise que je n’étais pas l’un de ses étudiants, juste un auditeur libre avait assez aidé. Et ce n’était pas le sujet de la conversation actuelle. Il fallait un peu que je me recentre sur ce qu’il se disait. « Oui, droit international. Je travaille sur des dossiers concernant des ressortissants étrangers qui ont commis différents délits sur le sol américain. Je gère surtout les dossiers de canadiens et de français, en fait, vu que je suis locutrice native. » Je me mordillai la lèvre pour ne pas éclater de rire. Etait-il utile de préciser que nous étions tous les deux des ressortissants étrangers justement ? Mes faux papiers m’établissaient comme canadien, elle était encore française. Et mon dossier était passé quelques fois entre ses mains depuis qu’on s’était installé à Minneapolis. Ce dont Nicolas devait se douter ; je choisis donc de ne pas le faire mariner trop longtemps dans ses questions – et d’éviter qu’il n’en pose davantage. « Et oui, comme tu t’en doutes, elle connait mon casier judiciaire presque par cœur maintenant. » lui fis-je dans un sourire. Presque, parce qu’il en manquait une partie – toute la partie française en fait. « Mais bon bref, de toute manière, le droit c’est chi… ce n’est pas ma tasse de thé de toute façon. » Je lui laissai un sourire complice. Avant de laisser mon regard devenir bien plus taquin. « Mais d’ailleurs, en parlant de nous, de Colombe et moi,… Toi ? T’as une copine ? Un copain ? Deux ? » Bah oui, je n’avais pas le droit de savoir moi aussi s’il était toujours célibat aire ? Oh, je n’étais pas intéressé, pas du tout – rassure toi Colombe, et ne le prends pas mal Nicolas – mais ça m’intriguait juste. Parce que c’était triste que moi j’aie le droit d’avoir ma Colombe, et que Nicolas reste un vieux croûton – comment ça, il n’était pas si vieux ? – dans son coin.



Dernière édition par Aguste M. Voulant le Mer 8 Oct - 20:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Dim 5 Oct - 13:20

Aguste semblait plus qu'emballé par la description que je faisais de mon travail. Il semblait dévorer mes paroles, et plus j'étais gore et plus il aimait. "tarpin". Je me rappellerai toujours de ce mot. La première fois que je l'ai entendu c'était de la bouche d'Aguste. Et pour tout vous dire, je ne l'ai jamais entendu de la bouche de quiconque depuis. C'est drôle comme on peut garder en mémoire des choses paraissant si insignifiante, comme un mot prononcé dix ans plus tôt. En tout cas, il semblait fan et en voyant cela je n'ai pu m'empêcher de dire ce qui suit :
"La texture d'un cerveau ? Et bien tu n'as qu'à venir un jour à mon boulot et je te laisserai en toucher un, je te montrerai comment le découper et le regarder au microscope si tu veux" avec un grand sourire.
Venais-je de me transformer en père Noël ? Il faut avouer qu'Aguste était la première personne de mon entourage (autre que professionnel) à s'intéresser à mon boulot. Il faut aussi dire que vu la façon dont je le décris, ce n'est pas très étonnant que ça les tente pas.
Ma façon si peu délicate de changer de sujet (surtout la dernière phrase) ne sembla pas vraiment plaire à l'avocate. Oups ... J'étais dans un beau merdier maintenant ... Heureusement Aguste est vite venu à mon secours. Enfin "vite" n'est pas vraiment le mot, s'il avait pu agir encore plus rapidement j'aurais préféré davantage. Et après on se demande pourquoi je n'ai pas d'amis. Je mets toujours les pieds dans le plat. Finalement je ressemblais un peu plus que je ne pensais à Aguste. Peut être qu'il faudrait que moi aussi je me trouve une "Colombe" pour m'apprendre les bonnes manières, mais dans mon cas surtout me taire.
Au final, elle paraissait être le genre d'avocate intègre, se battant pour les bonnes causes ... bref elle était bien loin d'être une pourrie. Elle était le genre d'avocat que j'imaginais en la voyant.
"Tu es donc le genre d'avocate que j'admire Colombe. Ça semble totalement te correspondre, correspondre à ta personnalité et à ta gentillesse."
J'avais dit ces mots avec honnêteté, et non pas juste pour me rattraper. Elle semble vraiment être une fille bien.
Aguste laissa ensuite entendre que c'est en étant son client qu'ils se sont rencontrés. Je me demande bien ce qu'il avait fait, pour quelle affaire il avait eu besoin d'elle. Bien évidemment, pour réitérer mes mésaventures d'un peu plus tôt quand j'avais trop parlé, j'ai préféré me taire cette fois-ci. Je me suis aussi demandé combien de fois elle avait eu besoin de lui sauver la mise. Et comment se fait elle qu'elle avait baisser sa garde devant lui. Qu'avait-il fait pour la séduire. Mais bon parfois la curiosité peut être pas très bonne... Le droit n'était pas la tasse de thé à Aguste ? Si ça l'avait été il n'aurait peut être pas eu besoin d'un avocat non ? Mais il n'aurait pas rencontré Colombe... Mais en tout cas c'était mignon de le voir s'arrêter juste avant de dire quelque chose qui aurait pu offusquer sa dulcinée. Même si bien sûr personne n'était dupe. Mais c'était assez drôle en tout cas.
Bien sûr quand vos invités sont un couple, et que vous êtes seul à table avec eux, il y a toujours la fameuse question qui finit par tomber : "et toi ? toujours célibataire ?". Dans le cas d'Aguste, la formulation était différente mais le sens était le même. Il laissait juste entendre qu'il ne connaissait pas mon orientation sexuelle ni si j'étais du genre à avoir des relations en même temps.
"Célibataire célibataire et célibataire... et non je ne suis pas du genre à sortir avec plusieurs personnes en même temps."
Je ne l'avais pas dit de façon offusquée, plutôt amusée. Le simple fait de me poser cette question montrait qu'il ne m'avait pas vu depuis longtemps. Et dire que s'il était venu il y a un an il aurait rencontré Brain. Non ce n'était pas ma petite amie, juste une bien grosse mémère bouledogue que j'avais récupéré dans un refuge. Elle avait un oeil en moins et ne voyait plus de l'autre. Elle ronflait aussi en respirant. Mais c'était mon animal de compagnie. Elle passait ses journées à dormir. Je tiens à préciser que ce n'était pas moi qui avait choisi son prénom, elle avait déjà ce nom quand je l'ai récupérée. C'est peut être cela qui m'a fait craquer, qui sait ?
"Je dois avouer que j'ai arrêté il y un certain temps d'essayer de faire des rencontres car j'avais une chienne qui semblait effrayer les demoiselles, ou au moins les déranger par ses ronflements. Mais peut être que maintenant qu'elle est partie, je devrais me remettre en selle."
J'étais assez fier de ma réponse au final. Je ne passerais pas pour le fou de son chien et le fait de finir en parlant du futur ne fait pas trop désespéré. Enfin j'espère.
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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Mer 8 Oct - 21:35



En voyant deux de mes grands frères choisir la voie de la médecine, j’avais songé une fraction de seconde à m’y engager moi aussi. Quoi de plus plaisant, après tout, que de charcuter des gens, d’être bien payé pour le faire et remercié en plus ! Mais Maman était morte, j’avais perdu confiance en tout ce qui se targuait d’être médecin et je m’étais barré de la maison en ayant l’intention de ne jamais y remettre les pieds. Dans tous les cas, ça m’intéressait. Oh, d’accord, presque tous les sujets m’intéressaient, j’avais un besoin constant d’apprendre des choses nouvelles. Et plus elles étaient glauques, plus je trouvais ça passionnant, au même titre que la physique quantique dont j’avais dévoré un bon nombre de théories en guise de livre de chevet. Alors oui, la réponse de Nicolas me captiva dès qu’il commença à parler de cerveaux coupés en tranche. En une fraction de seconde, j’avais l’image d’un pudding gélatineux en tête. Et mon sourire s’accentua lorsque Nicolas prit la peine de répondre, avec une invitation en plus. "La texture d'un cerveau ? Et bien tu n'as qu'à venir un jour à mon boulot et je te laisserai en toucher un, je te montrerai comment le découper et le regarder au microscope si tu veux" Son grand sourire était contagieux, et il me le transmit avec l’efficacité d’un virus dans un métro aux heures de pointe. Même Colombe laissa sa main glisser dans mes cheveux pour les ébouriffer, comme si je n’étais qu’un enfant de quatre ans auquel on venait de promettre un week-end au parc Astérix. Sérieux. C’était trop génial comme idée, je me voyais déjà en train de patouiller dans un cerveau, à chercher ce qui pouvait faire bouger les jambes, résoudre des problèmes, voire simplement donner l’envie d’aller aux toilettes. J’en aurai demandé encore – des précisions hein, pas forcément d’autres invitations – lorsqu’il changea le sujet, alourdissant brutalement l’ambiance vu la crispation de Colombe. Pendant une fraction de seconde, j’hésitai à le laisser seul face à la furie qui me servait de copine – et qu’on ne se demande pas après ça comment on arrivait à se supporter – et qui pouvait s’avérer pire que moi dans ses colères les plus torrides – comment ça, ce n’était pas le mot adapté ? – mais je vins à son secours in extremis en désenclenchant très courageusement et surtout très héroïquement la bombe. D’ailleurs, Nicolas comprit rapidement qu’il avait failli frôler la crise diplomatique et le meurtre assisté lorsqu’il s’excusa platement en caresser la Colombe devenue lionne dans le sens du poil. "Tu es donc le genre d'avocate que j'admire Colombe. Ça semble totalement te correspondre, correspondre à ta personnalité et à ta gentillesse." Je lui lançai un regard suspicieux quoiqu’amusé – qu’il ne s’approche pas de Colombe trop près s’il ne voulait pas une démonstration anticipée de krav – alors que Colombe se détendit dans un sourire. Bombe désamorcée, je venais encore une fois de sauver l’univers. Mon univers du moins. Et histoire d’éloigner tout risque de récidive, j’intervins en glissant que si on s’était rencontré pour la première fois en fac de droit, elle avait l’honneur d’apprendre à me connaître de mieux en mieux ces dernières années puisque la plupart de mes fraudes diverses et variées – mais jamais trop grave, je connaissais bien les limites – arrivait sur son bureau dès le dossier constitué. Comme si je ne pouvais dans tous les cas rien lui cacher. Et comme Nicolas ne fit pas mine de vouloir rajouter quelque chose, je choisis de quitter définitivement ce terrain bien trop glissant et surtout bien trop chiant à mon goût – non mais le droit à table, c’est comme parler de Prairiemon au milieu d’une discussion sur les Pokémons : à ne surtout pas faire si on ne voulait pas se faire exploser la tronche par des personnes sensées – en abordant un sujet moins casse-g#eule pour moi, sûrement plus pour Nico : niveau amour, il en était où ? Sa réponse me fit ricaner, ce qui me valut un avada kedavra en règle de Colombe. "Célibataire célibataire et célibataire... et non je ne suis pas du genre à sortir avec plusieurs personnes en même temps."


Bah quoi, de toute évidence, il était amusé tout comme moi, et ça ne l’avait en rien vexé que je lui demande ! La main de Colombe vint se loger sur ma cuisse, comme pour me dire de faire gaffe avec ce sujet, sans que je ne comprenne vraiment ce contre quoi elle voulait me mettre en garde. J’étais un mec de tout à fait sensible et diplomate, non ? "Je dois avouer que j'ai arrêté il y un certain temps d'essayer de faire des rencontres car j'avais une chienne qui semblait effrayer les demoiselles, ou au moins les déranger par ses ronflements. Mais peut être que maintenant qu'elle est partie, je devrais me remettre en selle." Cette fois, j’éclatai franchement de rire. Ce n’était pas étonnant, chez moi. De toute manière, mes réactions étaient le plus souvent disproportionnées – ou alors les gens les jugeaient comme telles – comme si mon sang provençal était fortement teinté de cette exagération marseillaise devenue mythique. Quelque chose m’amusait, je partais dans un fourire total sans parvenir à m’arrêter. Quelqu’un m’énervait ? Auparavant, il avait de fortes chances de terminer avec un œil au beurre noir ou la peur de sa vie. Maintenant, c’était quitte ou double : soit je me contrôlais et je me contentais de l’agresser verbalement. Soit il terminait au mieux avec un coup dans les parties ou la carotide, soit dans le cas le moins enviable, à l’hôpital. Mais bon, là, il n’était pas question d’envoyer Nicolas à l’hôpital, j’étais plié en deux. En imaginant un chien ronfler. Oui, oui, cela suffisait amplement à mon bonheur. Reprenant mon souffle, j’essuyai une larme qui avait coulé de mes yeux brun, avant d’expliquer à une Colombe qui avait certes l’habitude de mes fourires mais restait tout de même déconcertée la plupart du temps, et Nicolas qui n’avait jamais du me connaître ainsi. « Ton chien ronflait vraiment ? Sérieux, ta chienne ronflait ? » Je faillis repartir dans un éclat de rire. « Déjà que Colombe n’est pas partante, j’espère que c’est pas le cas de tous les chiens sinon je peux faire une croix sur mon élevage de rottweilers ! » Colombe me foudroya du regard, avant d’expliquer à Nicolas : « Gus s’est mis en tête d’avoir un chien, des chiens plutôt mais on va dire que c’est encore, elle me regarda fixement, non envisageable tant que Môsieur court d’un pays à l’autre. Et puis si les chiens ronflent à ce point, ça me donne un argument de plus. » Je levai les yeux au ciel pour maugréer contre son manque de compréhension lorsqu’elle releva ce que j’avais oublié de relever, d’une voix douce : « Mais tu as dis qu’elle n’était plus là ? Que s’est il passé ? » D’un air goguenard, je renchéris en cherchant des yeux des traces d’un passage canin : « Elle a eu peur que tu veuilles lui disséquer le cerveau ? » avant de rajouter un convaincu : « Si tu es à nouveau dispo, faut que je te fasse rencontrer Zouè. Ma sœur, plurilingue, plutôt jolie, ‘fin c’est une Voulant quoi, on est tout beau gosse dans la famille, et Colombe, je te mets au défi de dire que je ne suis pas beau gosse ! En revanche… » Je fis semblant de réfléchir alors que Colombe mimait à Nicolas l’action de m’étrangler, « En revanche, elle est très chiante. Mais alors chiante à un point ! C’est à peine croyable. »

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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Dim 19 Oct - 11:40

Aguste était mort de rire. Je venais pourtant juste de lui dire que j'avais arrêté de sortir avec des gens un peu à cause de ma chienne. Riait-il car d'après lui ce n'était pas une bonne excuse ? En tout cas il semblait ne pas être en train de se forcer à rire, ça c'est certain. Il y avait même quelques larmes qui coulaient de ses yeux. J'avais vraiment dû dire quelque chose de drôle mais quoi ?
Apparemment la simple idée qu'un chien puisse ronfler était la raison pour laquelle il s'était mis dans cet état. Les deux amoureux m'ont alors expliqué qu'en plus du métier de monsieur, ils avaient aussi un petit désaccord sur l'adoption d'un chien. Aguste en voulait un, Colombe non ... ou du moins pas tant qu'Aguste continuerai d'autant voyager. C'est compréhensible après tout. Si c'est lui qui désir un chien (ou plusieurs apparemment), ce n'est pas vraiment à elle de devoir s'en occuper pendant ses déplacements surtout si elle n'en est pas fan. Et puis j'imagine qu'une avocate doit être très occupée. Mais d'un côté, peut-être qu'avoir un chien permettrait à Colombe de ne pas être seule quand elle rentre chez elle quand Aguste est en voyage.
Ils ont continué à parler tous les deux pendant que je me perdais un peu dans mes pensées. Mais j'ai retenu ces quelques sujets auxquels je savais qu'il allait falloir que je réponde lorsqu'ils auront fini leur "duologue" et que je pourrais enfin dire à mon tour quelque chose : les ronflements de Brain, pourquoi elle est plus là, le fait qu'Aguste veuille me caser avec sa sœur Zouè...
Je crois que le moment où vos deux invités ne disent plus rien est le bon moment pour répondre à leur questions non ?
"Euh... Ben alors tout d'abord non tous les chiens ne ronflent pas, mais les bouledogues oui. Brain, c'était son nom, était en plus plus du tout toute jeune. Donc Colombe, si tu veux éviter les ronflements d'un chien, en plus de ceux d'Aguste, ne prends pas un bouledogue." J'avais associé ce petit discours à un clin d’œil à Colombe. Non je ne savais pas si Aguste ronflait mais j'étais obligé de le dire...
"Ensuite et bien ma chienne est morte de vieillesse et non pas de peur que je lui vole le cerveau. Elle était déjà vieille quand je l'ai recueillie... Et enfin Aguste, par rapport à ta sœur, je ne suis vraiment sûr qu'elle apprécierait de rencontrer la personne qui t'as permis de partir de France. Je pense même que je me ferais engueuler !" Je n'ai pas pu me retenir de rire. "Même si bien sûr je ne remets pas en doute sa beauté (celle de tous les Voulant je ne sais pas encore), et pour sa chiantise je pense que ça aussi ça doit être de famille aussi..." Tirer la langue est un comportement puéril ? C'est pas trop grave je pense, après tout Aguste est un grand enfant aussi.
"En parlant de Voulant, Aguste, quand vas-tu faire de Colombe une Voulant ? C'est pour quand les fiançailles ? Et le mariage ? Et quand est-ce que vous ferez plein de bébés Voulant ?"
A mon tour de poser des questions le mettant dans l'embarras.
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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Sam 25 Oct - 8:57



Ce qui devait le plus incroyable dans cette conversation, c’était que j’étais totalement détendu. Autant je n’avais pas envie de venir, autant j’avais pesté en grimpant ces escaliers, autant je trouvais que c’était stupide et inconscient et improductif de mettre les pieds dans les empreintes de pas que j’avais pu laissées en quittant la France, autant, là… j’étais à l’aise. Et même si je ne risquais pas de le dire à Colombe voire à Nicolas, ça me faisait aussi du bien de renouer avec la France. Tout en me faisant sacrément ch#er. Un combo gagnant, en somme ! Et p#tain de b#rdel, je n’aimais pas des masses les combos lorsqu’on sortait du cadre professionnel. Bref. Dans tous les cas, donc, j’étais à l’aise. Oh, en général, c’était plutôt ce qui arrivait. J’entrais chez les gens sans éprouver la moindre gêne, je mettais un point d’honneur à poser toutes les questions que je voulais s’en m’embarrasser de considération, je me faisais un malin plaisir à appuyer sur les points sensibles, à rester borderline niveau politesse et gentillesse, à narguer les autres pour les faire sortir de leurs gongs et me trouver face à quelqu’un qui n’avait qu’une envie : me frapper, histoire de pouvoir en toute légitimité riposter derrière. Le pied total. Donc bref. J’étais à l’aise, détendu, plié en deux. Au grand désarroi de Colombe qui, dans de telles situations, se désolait de me savoir à ce point insortable. Encore un peu et elle allait s’excuser auprès de Nicolas de m’avoir traîné jusqu’ici. Dans tous les cas, je me calmai, laissant Colombe expliquer un peu la situation, en rajoutant une couche sous le regard désabusé d’une petite amie qui mimait avec soin l’action de m’étrangler. Comme si elle en avait véritablement envie. Elle ne pouvait pas se passer de moi, je le savais, et d’ailleurs moi non plus je ne pouvais pas me passer de moi. Ni d’elle. Ni de nous deux. Ni de… "Euh... Ben alors tout d'abord non tous les chiens ne ronflent pas, mais les bouledogues oui. Brain, c'était son nom, était en plus plus du tout toute jeune. Donc Colombe, si tu veux éviter les ronflements d'un chien, en plus de ceux d'Aguste, ne prends pas un bouledogue." Je levai les yeux au ciel, sans démentir Nicolas, laissant le soin à Colombe d’acquiescer lentement. Ce n’était pas de ma faute si je ronflais, non ? Et c’était pas un sacré signe de virilité, ça, les ronflements ? Et puis, de toute manière, je ne voulais pas de bouledogue, juste des rottweilers ou des dobermans, le genre de chiens bien badass qui conviendraient à merveille à un bourrin comme moi et que Colombe ne pouvait pas voir en peinture. Trop violent, trop dangereux, trop à mon image pour qu’elle se sente en sécurité et capable de gérer plus d’un Aguste. Pô juste. "Ensuite et bien ma chienne est morte de vieillesse et non pas de peur que je lui vole le cerveau. Elle était déjà vieille quand je l'ai recueillie... Et enfin Aguste, par rapport à ta sœur, je ne suis vraiment sûr qu'elle apprécierait de rencontrer la personne qui t'as permis de partir de France. Je pense même que je me ferais engueuler ! Même si bien sûr je ne remets pas en doute sa beauté (celle de tous les Voulant je ne sais pas encore), et pour sa chiantise je pense que ça aussi ça doit être de famille aussi..." J’éclatais de rire à sa suite, en bon gamin que j’étais. J’étais susceptible sur de – très – nombreux sujets, mais il fallait bien reconnaître qu’entre Zouè et moi, on en tenait une couche niveau chiantise comme il disait. Dans mes frères et sœurs, il n’y avait guère que nous deux à être aussi insupportables. Gabriè, Laloun, Silvan et même Jirome étaient tous désespérément coincés. Sérieux. Et ce n’était pas particulièrement subjectif comme opinion, tout le monde le disait quand j’étais gosse. Moi, j’étais le rebelle insupportable, eux, c’étaient les enfants modèles, des lèches-bottes, de gros fayots parfaits qui mettaient un point d’honneur à faire ressortir à quel point je ne rentrais pas dans le moule. Il n’y avait guère que Zouè pour me comprendre un peu et me foutre des pains lorsque je dérapais trop. Pour ce que ça avait servi au final… Elle m’avait laissé fugué, dans un sens. Elle avait glissé dans la poche de mon sac le faire part de décès de notre mère et une photo de toute la famille, comme pour me dire de ne pas les oublier. La photo, je l’avais encore, déchirée – une nuit particulièrement dure – et rescotchée à plusieurs reprises. Il y avait des pokémons sur les têtes de Laloun, Gabriè et Silvan. Je ne voulais pas les voir en peinture. Les autres, y’avait du scotch sur leur tête, mais on devinait vaguement un sourire et des yeux aussi pétillants que le mioche avec un œil au beurre noir qui trônait sur les épaules de Jirome. J’allais donc rétorquer à Nicolas qu’en effet, c’était de famille et que donc il n’avait pas à s’étonner si je revenais à la charger pour les caser ensemble Zouè et lui, vu qu’il était habitué au caractère Voulant, lorsqu’il me prit de court en attaquant un sujet auquel je ne m’attendais pas, mais alors pas du tout. "En parlant de Voulant, Aguste, quand vas-tu faire de Colombe une Voulant ? C'est pour quand les fiançailles ? Et le mariage ? Et quand est-ce que vous ferez plein de bébés Voulant ?" Instantanément, le rouge me monta aux joues, fait exceptionnel, réaction inhabituelle chez moi, mon regard s’enfuyant de l’autre côté de la pièce, ma main lâchant la fourchette pour venir se perdre dans mes cheveux qu’elle s’évertua à ébouriffer au maximum. « Euuuh… » Lui concédai-je, peu enclin à me la fermer malgré mon embarras. J’étais un Voulant, j’étais un Aguste, j’étais irrémédiablement bavard, quel que soit le sujet. « Disons que c’est pas encore dans nos priorités. » Mes yeux brun foudroyèrent Nicolas du regard. « On va dire qu’Aguste et les responsabilités, ça fait un nombre très supérieur à un, donc faut pas trop lui demander de s’engager » attaqua à son tour une Colombe amusée qui en profita aussi pour se lever de table. « Excuse moi, est ce que tu peux m’indiquer juste les… » Je levai les yeux au ciel lorsqu’elle s’éclipsa du salon, nous laissant seuls, Nico et moi, pour quelques minutes. « J’crois que Colombe aimerait bien qu’on se fiance, un truc dans le genre, mais j’suis pas prêt, Nico. J’suis un c#nnard de base, j’vois pas pourquoi elle voudrait se lier à moi comme ça, j’vais finir par la tuer ou l’abandonner. Tu l’as rappelé toi-même, Je me suis barré de France, et même si Zouè te serait plus reconnaissante qu’autre chose à l’idée que tu m’as aidé à me barrer, le constat reste le même : j’me suis barré, et si ça se trouve, je vais recommencer avec Colombe alors… » J’haussai les épaules, sans savoir ce qui m’avait poussé à lui dire ça. « Elle est chouette, Colombe. J’ai pas envie d’lui faire du mal comme je blesse tout le monde. » Un sourire narquois aux lèvres, je conclus sur un ton plus léger. « Et j’étais sérieux pour Zouè, vous iriez bien ensemble. »

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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Mar 28 Oct - 9:44

Aguste a éclaté de rire. J'avais un peu peur qu'il prenne mal la façon dont j'allais parler de sa famille mais visiblement il avait compris que je blaguais. L'atmosphère était quand même très détendue pour le dîner. Qui aurait pu croire que ça se passerait si bien ?! Mais bon, je me connais, il faut toujours que je mette les pieds dans le plat. Enfin pour une fois c'était à moitié voulu. Il me demande ma vie sentimentale, à moi de lui rendre la monnaie de sa pièce non ?
"En parlant de Voulant, Aguste, quand vas-tu faire de Colombe une Voulant ? C'est pour quand les fiançailles ? Et le mariage ? Et quand est-ce que vous ferez plein de bébés Voulant ?"
J'avais une nouvelle fois touché un sujet sensible. Il y en a quand même pas mal au final : les chiens, le métier d'Aguste, les fiançailles... ou alors c'est juste que j'ai le don pour les trouver !
Aguste était devenu tout rouge, tel une grosse tomate ! C'était assez amusant de voir cela (oui je suis un peu sadique). Cela ne doit pas lui arriver très souvent. Plus je le voyais embarrassé et plus j'étais amusé. Bon d’accord ce n'est pas très gentil de ma part mais bon, je l'avais pratiquement mis KO ! Mais tel un grand sportif, il n'abandonna pas ! Il me répondit par un "Euuuh..." qui laissait tout entendre. Non l'arbitre ne le déclarerait pas KO, il se débattait encore. Aguste déclara alors que ce n'était pas encore dans leur priorité, en appuyant sur le mot "encore". Cela laissait donc penser qu'il n'y avait pas de "non" catégorique. J'ai bien vu le regard noir que m'a envoyé Aguste. La seule façon que j'ai trouvé pour lui répondre était un grand sourire bien forcé. J'allais dire que j'avais gagné le premier round mais stop, j'arrête les métaphores sportives, surtout que je n'y connais rien en sport alors je suis un peu limité. Et puis c'était pas juste, ils étaient deux eux, deux contre un ça le fait pas trop en sport. Colombe est donc venu à son secours, enfin pas vraiment son secours mais plutôt lui donner un coup de masse sur la tête mais permettant de clore un peu le sujet et de le sauver des sables mouvants (oui après avoir été sur un ring, nous sommes maintenant dans un film d'Indiana Jones). Colombe préféra se retirer un instant. Etait-ce pour que je fasse changer d'avis Aguste ? Et à peine elle était partie qu'Aguste commença à m'expliquer la situation. Il avait peur de lui faire ce qu'il avait fait à sa famille : "se barrer".
"Soyons honnêtes Aguste, tu ne trouveras jamais mieux qu'elle, et ce n'est pas comme si vous ne vous aimiez pas. Ensuite tu étais jeune quand tu es parti, rien ne prouve que tu n'as pas gagné assez de maturité pour affronter tes problèmes. Et puis regarde, tu es là (même si je me doute que tu as pas mal été aidé pour venir) mais tu fais preuve de maturité en revenant sur la vie que tu as abandonné. Peut-être que tu ne te sens pas prêt dans l'immédiat, et peut-être que tu ne l'es pas encore, mais je t'assure que tu es sur la bonne voie Aguste. Et puis ne t'en fais pas pour Colombe, je suis certain que si tu la blesse elle a assez de choses sur toi pour t'envoyer en prison donc c'est plutôt toi qui devrait faire attention !"
Il fallait bien essayer de finir par un blague non ? Je ne suis pas sûr que mon discours changera grand chose mais bon, au moins je l'aurais dit.
"Et arrête d'essayer de me refiler ta sœur ! Je suis certain qu'elle a déjà plein de prétendants. Si ça peut de faire plaisir j'irais voir son profil sur facebook."
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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Ven 31 Oct - 22:53



Pourquoi, mais pourquoi donc fallait il que Nicolas partage avec moi cette capacité innommable à sauter à pieds joints dans les plats les mieux remplis, enfoncer à ce point les portes ouvertes et se jeter la tête la première dans les pires sujets à aborder ? Pourquoi, mais pourquoi donc ? Après les krav-maga – bon d’accord, c’était plus ou moins moi qui avais abordé le sujet en premier – voilà qu’il s’amusait nous demander à quand le mariage. Et puis quoi encore, il voulait qu’on lui donne le faire part ? Il pensait vraiment que j’étais prêt, moi, Aguste Voulant, à faire ça ? B#rdel, mais m#de, non ! J’avais beau savoir que c’était juste pour me rendre la monnaie de ma pièce, puisqu’après tout je ne m’étais pas gêné pour l’interroger sur sa vie privée sans lui offrir la moindre hésitation, mais bon sang, non ! Tout mais pas ça, par pitié. Et puisqu’il fallait faire pire – après tout, Murphy semblait être de la partie, prêt à intervenir pile au moment où j’admettais être totalement à l’aise et que cette soirée n’était tout compte fait pas si catastrophique que ce que je pouvais penser en franchissant la porte – voilà que je sentis le rouge me monter aux joues, me faisant très certainement concurrencer les tomates dans la catégorie plante verte. Je vais le tuer. Ah, ça, pour sûr, Nicolas venait de gagner le gros lot. Déjà, me faire rougir, c’était un exploit. Me déstabiliser, encore plus. Mais alors, me faire lâcher un Euuuh aussi pathétique qu’explicite, vraiment, ce crétin gagnait le pompom. Ce n’était pas encore d’actualité, et à dire vrai je comptais bien faire tout pour que ça ne le soit jamais. Ce n’était pas que je ne croyais pas au mariage, c’était juste que je ne croyais pas vraiment en nous et encore moins en moi. Et le regard noir que mes yeux chocolat lancèrent à Nicolas avait pour but de le lui faire comprendre. Qu’il se la boucle tout de suite sur le sujet. Il n’avait pas vraiment intérêt à s’y appesantir, surtout s’il sentait que moi, ça ne me mettait pas à l’aise. C’était juste un conseil, un vrai conseil d’ami. Et comme j’avais toujours été doué poursuivre autant les conseils des autres que les miens, un art, un art véritable croyez moi !, ce fut moi qui relançai la conversation à propos d’aller plus loin dans notre relation, Colombe et moi, dès qu’elle fut hors de la pièce, pour mieux faire comprendre – si c’était nécessaire – à Nicolas le pourquoi du non. De toute manière, j’allais finir par abandonner Colombe, je me connaissais. J’allais finir par me barrer, j’allais finir par la blesser, j’allais finir par flinguer sa vie en l’air, et ça, c’était inévitable. Pourquoi ? Parce que j’étais un c#nnard, depuis ma plus tendre enfance. Tu es méchant, Aguste, tu es un méchant garçon !. J’avais beau n’avoir que quatre ans à l’époque, la voix de mon institutrice restait encore bien présente dans la mémoire de surdoué. Et jamais encore cette phrase n’avait été contredite. A vingt cinq ans, je n’espérais plus vraiment la voir mise à terre. Au début, j’avais cru. Jusqu’à mes douze ans, environ, j’avais espéré. Puis je m’étais pris le cancer de ma mère dans la gueule, les accusations de Laloun, et j’avais compris que ça ne servait à rien, strictement rien, d’ignorer que je n’étais bon qu’à tout détruire. Le silence reprit un faible instant ses droits, avant que j’achève ma tentative d’explication, que loin de ma colère intérieure, ma voix s’infléchisse d’humour sur un ton plus léger pour reporter la discussion sur mon autre sœur, la Zouè pilote de ligne, celle qui était devenue la meilleure amie – ou presque – de Colombe. J’étais sérieux – à ma façon c'est-à-dire pas du tout – lorsque j’avais sorti le prénom une première fois. Les deux seuls gens en dehors de Jirome et Colombe, on pouvait à la rigueur ajouter mon coach, qui parvenaient à me supporter plus de vingt-quatre heures.

Mais de toute évidence, la feinte n’eut pas l’effet voulu, puisque Nicolas s’attarda sur mon explication, mettant de côté un instant tout ce que je pouvais raconter comme c#nneries pour tenter de comprendre, voire expliquer ?, pourquoi je refusais de m’engager davantage auprès de Colombe. "Soyons honnêtes Aguste, tu ne trouveras jamais mieux qu'elle, et ce n'est pas comme si vous ne vous aimiez pas. Ensuite tu étais jeune quand tu es parti, rien ne prouve que tu n'as pas gagné assez de maturité pour affronter tes problèmes. Et puis regarde, tu es là (même si je me doute que tu as pas mal été aidé pour venir) mais tu fais preuve de maturité en revenant sur la vie que tu as abandonné. Peut-être que tu ne te sens pas prêt dans l'immédiat, et peut-être que tu ne l'es pas encore, mais je t'assure que tu es sur la bonne voie Aguste. Et puis ne t'en fais pas pour Colombe, je suis certain que si tu la blesse elle a assez de choses sur toi pour t'envoyer en prison donc c'est plutôt toi qui devrait faire attention !" Je secouai la tête, loin de rire à sa tentative ridicule – mais bien tentée – d’en faire de l’humour. Il ne comprenait pas, lui non plus. Il ne comprenait pas à quel point j’étais un cas désespéré, à quel point… j’étais pourri de l’intérieur. Je poussai un soupir, tentant de rassembler ce qu’il restait dans mon assiette pour m’empêche et de parler, et de m’en sentir contraint. Être occupé à rassembler les derniers grains de riz était une tâche primordiale, nécessaire. Il en allait de la survie du monde, à cet instant. De mon monde. Jusqu’à ce que Nicolas ramène encore sa fraise, essayant une nouvelle fois de détendre l’atmosphère un peu tendue. "Et arrête d'essayer de me refiler ta sœur ! Je suis certain qu'elle a déjà plein de prétendants. Si ça peut de faire plaisir j'irais voir son profil sur facebook." Un fin sourire s’extirpa de ma morosité pour se plaquer sur mes lèvres, comme pour me faire comprendre que c’était fini de bouder, il fallait que je retrouve ma joie de vivre habituelle sinon il allait me foutre un pain dans la tronche. Oui, un sourire pouvait frapper. J’offris à Nicolas une moue loin d’être convaincue, avant de rétorquer un « Si elle avait des prétendants, j’pense qu’elle me l’aurait déjà dit pour me faire comprendre que ce serait bien que je présente moi aussi Colombe à notre père. » Un nouveau soupir, je lâchai encore la fourchette pour repousser l’assiette. J’avais dit quoi ? Que je ne voulais plus aborder le sujet, que je ne voulais pas y songer davantage, que c’était suffisamment pénible de savoir que ce que je vivais avec Colombe allait forcément s’interrompre un jour pour ne pas avoir besoin de remuer le couteau dans la chair à vif ? « Tu comprends pas. J’en ai rien à battre qu’elle connaisse mon casier et ces c#nneries. Ca, je peux m’en défaire, j’suis trop intelligent pour que ça me fasse un jour préjudice. » Bonjour la modestie. « C’est pas ça le problème. Si ça ne tenait qu’à moi, tu sais bien En fait, Nicolas ne devait certainement rien savoir du tout. « je la demanderai direct en mariage, avec les gosses et tout le b#rdel. Je sais bien que je ne peux pas trouver mieux qu’elle. Que c’est chouette que j’aie essayé de la draguer après avoir foutu en l’air – très certainement – la carrière de la p’tite prof de droit pénal. Que j’ai une chance de malade. Mais… le problème c’est que… c’est juste qu’il est tellement évident que je vais finir par foutre sa vie en l’air que je me demande parfois s’il vaudrait pas mieux pour elle que… » Mon regard dériva vers la porte par laquelle elle s’était enfuie un peu plus tôt, avant de retomber sur Nicolas. « T’sais Nico, j’suis pas un mec bien. ‘Fin… » Une moue agacée agita mes lèvres. « Je suis vraiment un c#nnard. J’ai tué ma mère, je vais forcément finir par flinguer Colombe, c’est inévitable. Même si ça va être que psychologique, je vais forcément finir par foutre sa vie en l’air. » J’haussai les épaules. « C’est pas pour rien si je me suis barré de chez moi, si je veux plus voir mon père ou les autres, j’suis trop un trouillard pour croiser leur… » Un bruit de pas, je m’interromps, fermant les yeux et ma bouche lorsque Colombe revint dans le salon, un sourire aux lèvres, auquel un sourire forcée de ma part répondu avant que je l’embrasse au passage, comme pour me convaincre qu’elle était encore. Loin de sentir la tension de mes mots, elle se glissa à côté de moi, son regard dérivant sur ma montre, ses sourcils se fronçant. « Fichtre, il est déjà cette heure là ? Aguste, on ne va peut être pas importuner Nicolas… hum… » Une moue désolée au visage – finalement peut être qu’elle sentait bel et bien que l’atmosphère s’était plus tendue –de mon côté du moins – qu’apaisée pendant son absence – elle s’excusa auprès de notre hôte. « Je suis désolée, on s’est vraiment incrusté, on a sûrement foutu ta soirée en l’air avec tout ça… » Elle se leva, remettant une mèche rebelle derrière son oreille. « Dis nous où débarrasser tout ça, surtout. Qu’on ne t’importune pas plus longtemps… »

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MessageSujet: Re: { FLASH-BACK AVEC AGUSTE} Surprise Surprise !   Mar 11 Nov - 13:00

Les films nous racontent souvent qu'en trouvant le vrai amour, on serait sauvé de tous nos "démons intérieurs". Enfin, ça c'est surtout dans les films comiques ou romantiques. Dans les drames c'est plutôt l'amour nous détruit qui peut résumer le film. Enfin bref, moi je m'étais dit en voyant Aguste arriver au bras de Colombe qu'on se trouvait plutôt dans le genre comédie où tout va bien pour le meilleur du monde ; mais apparemment l'amour n'avait pas "soigné" Aguste. Colombe l'avait sans doute apaisé, rendu heureux, donner quelques bonnes manières ... mais la raison qui l'avait fait fuir la France n'avait pas encore été totalement résolue et elle risquait de venir détruire la vie qu'il s'était construit. Oui bon ok mon résumé paraît un peu exagéré j'avoue, mais c'est à cause de mon côté drama.
J'ai bien vu que malgré ce que je lui disais, Aguste n'était pas conquis par mes arguments. Après tout, qui j'étais moi pour essayer de lui faire changer d'avis ? Il ne refusait pas le mariage juste par principe qu'il était contre la cérémonie, mais plutôt car il n'avait pas confiance en lui, pas confiance en ce qu'il pourrait faire. Je me suis senti un peu obligé de plaider en faveur de Colombe mais il fallait tout de même essayer de le comprendre. Finalement j'ai préféré repartir sur le sujet de sa soeur, ça ne pouvait que détendre l'ambiance. De toute façon, il n'était pas venu jusqu'ici pour se faire juger ou un truc du genre.
"Et arrête d'essayer de me refiler ta sœur ! Je suis certain qu'elle a déjà plein de prétendants. Si ça peut de faire plaisir j'irais voir son profil sur facebook."
Je suis du genre curieux alors oui il y avait de grandes chances pour que j'aille au moins mettre un visage sur son prénom. C'est un truc que j'aime bien faire, ça évite de se tromper de personne, de confondre par la suite.
J'ai bien vu un petit sourire se dessiner sur les lèvres d'Aguste. C'était peut-être signe que j'avais réinstauré une meilleure ambiance et qu'il n'allait pas trop m'en vouloir pour ce que j'avais dit.
« Si elle avait des prétendants, j’pense qu’elle me l’aurait déjà dit pour me faire comprendre que ce serait bien que je présente moi aussi Colombe à notre père. »
J'avais changer de sujet mais cette fois c'était lui qui y revenait. Il ne pourrait pas dire que c'était ma faute. Mais s'il y revenait c'était sans doute car c'était un sujet qui lui trottait régulièrement en tête et peut être aussi un sujet qu'il ne peut pas aborder avec tout le monde.
Il a continué son monologue pendant un certain temps. Ses phrases me montraient à quel point il avait une mauvaise image de lui. Je n'ai pas osé l'interrompre, et surtout j'ai estimé qu'il avait le droit d'aller jusqu'au bout. A la place je l'ai écouté, en le regardant droit dans les yeux. j'espère que mon regard était du genre compatissant et non pas je me fous de ce que tu me raconte car je l'écoutais très attentivement. S'il avait été une demoiselle je lui aurait poser la main sur son épaule ou un truc du genre mais je me suis mal vu faire ça à Aguste ; ça n'a pas l'air d'être son genre. Au final je ne savais pas vraiment quoi faire. Et c'est là que Colombe est revenue et qu'Aguste s'est interrompu.
Elle a vu l'heure et a dit qu'il se faisait tard, et il est vrai que c'était tard !
"Ne vous en faites pas, c'était vraiment une joie de te rencontrer Colombe et de revoir Aguste. J'espère qu'on finira par se revoir, vous savez où j'habite maintenant! Et ne toucher à rien, je m'occupe du débarrassage, j'ai mes petites manies..."
Je suis alors allé faire la bise à Colombe pour lui dire au revoir, tout en lui glissant à l'oreille de "bien prendre soin d'Aguste car sous sa carapace c'est quelqu'un de vraiment bien". Je me suis ensuite dirigé vers Aguste pour lui serrer la main. Après m'être assuré que l'on était assez éloigné de Colombe pour qu'elle ne puisse pas nous entendre, j'ai profité de ce dernier moment seul à seul pour chuchoter à Aguste ces quelques paroles : "Je suis vraiment fier de toi et de ce que tu es devenu ! Je n'ai jamais regretté de t'avoir aidé mais maintenant quand je vois ta vie, je me dis que j'ai vraiment fait la bonne chose. Même si tu as une mauvaise image de toi, ne m'en veux pas pour te dire cela s'il te plait, j'ai une image que très positive de toi. Vis dans le présent et libère toi de ton passé Aguste. Je sais que je ne sais rien mais tout ce que je peux te dire c'est qu'à mes yeux Aguste, tu es juste un grand homme et que comme tous les grands hommes tu as des problèmes. Ça vient avec. Bon aller j'arrête, car déjà que tu peux avoir parfois un sacré melon, je ne voudrais pas que tu restes bloqué chez moi car tu ne passes plus la porte !"
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